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Des séquelles respiratoires pour les patients sévèrement atteints de la Covid-19 ?

Etude pendant 2 ans de la fonction respiratoire des patients atteints de la covid-19 suivis à l’Hôpital Cochin à Paris

De nombreux patients atteints de la covid-19, dont certains en état critique, ont été pris en charge à l’hôpital Cochin. Parmi eux, lesquels auront des séquelles pulmonaires à long terme ? Ces séquelles seront-elles proportionnelles à la gravité de l’atteinte initiale ? Dans le cadre d’un projet de recherche soutenu par la Fondation Air Liquide, les Professeurs Dinh-Xuan et Roche de l’Hôpital Cochin suivent l’évolution de la fonction respiratoire d’une centaine de ces patients, sur une durée pouvant aller jusqu’à 24 mois. L’objectif est de comprendre les mécanismes expliquant l’évolution de l’atteinte pulmonaire initiale vers une éventuelle maladie chronique, d'en identifier les facteurs de risque et d’établir une stratégie de prévention.

Fiche d'identité

Porteur du projet : Association Robert Debré pour la recherche médicale Année(s) de soutien : 2020-2021
Soutien : Appareil de mesure monoxyde d’azote (NO) expiré, Appareil de double diffusion NO/CO, appareils d’oscillométrie forcée, consommables et salaire de deux ans d’un étudiant en master Montant du financement : 102 000 euros
Localisation : Hôpital Cochin, Paris, France

Responsable de suivi Air Liquide : 

Jean-Christophe Richard, Directeur de recherche médicale, Air Liquide Medical Systems

 

© ARDMR
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Une détresse respiratoire aiguë

Si l’infection par le virus SARS-CoV-2 se transmet par les voies aériennes supérieures (nez, fosses nasales, bouche, pharynx, larynx), un certain nombre de malades développent une pneumonie virale dont le niveau de gravité dépend de sa diffusion dans les poumons et du degré d’insuffisance respiratoire traduit par l’hypoxémie (diminution de la quantité d’oxygène dans le sang). Dans les cas les plus graves la pneumonie hypoxémiante peut mener jusqu’au Syndrome de Détresse Respiratoire Aiguë (SDRA). Les séquelles fonctionnelles à moyen et long terme de cette pneumonie ne sont pas connues.

Compte-tenu des connaissances acquises sur la physiopathologie de la covid-19 et sur le Syndrome de Détresse Respiratoire Aigue (SDRA), il est possible qu’une nouvelle maladie chronique liée aux coronavirus émerge, et qu’une proportion importante de patients atteints de la covid-19 puissent souffrir de séquelles respiratoires à long terme, voire développer une insuffisance respiratoire chronique post-covid. Cette proportion de patients pourrait aller jusqu’à 25% d’après les premières données disponibles.

© Robert Debre
différentes approches de l’exploration de la fonction d’échanges gazeux assurés par les poumons et le système cardiovasculaire.

Un suivi respiratoire tous les 3 mois

Le but des Professeurs Dinh-Xuan et Roche de l’Hôpital Cochin est de :

  • détecter, quantifier, classifier les anomalies de la fonction respiratoire de patients sévèrement atteints par la covid-19, et ce pendant les 24 mois qui suivent leur hospitalisation en réanimation, et,
  • étudier les mécanismes impliqués dans la survenue de ces anomalies.

Ce sont plus de 100 patients atteints de la covid-19 avec atteinte respiratoire et qui ont été hospitalisés à l’Hôpital Cochin qui sont suivis dans le cadre de ces travaux de recherche. Des mesures très complètes de leur fonction respiratoire seront réalisées précisément tous les 3 mois pendant 2 ans après le début de leurs symptômes.

En particulier, les équipes des Pr. Dinh-Xuan et Pr. Roche évaluent l’évolution des débits et volumes pulmonaires (grâce à des paramètres spirométriques) et le fonctionnement au niveau des tissus des transferts d’oxygène et de gaz carbonique entre l’air et et le sang. 

Les résultats de cette étude permettront de mieux comprendre, explorer et prendre en charge les atteintes respiratoires séquellaires d’infections virales partageant les caractéristiques de la covid-19, avec ou sans détresse respiratoire aiguë.

Ce que fait la Fondation Air Liquide

La Fondation finance à hauteur de 102 000 euros le projet et permet aux Pr. Dinh-Xuan et Pr. Roche de mener à bien leurs travaux de recherche en leur fournissant des équipements de pointe, dont  un appareil de mesure du monoxyde d’azote (NO) expiré, ainsi qu’en prenant en charge, pour les 2 ans de l’étude, le salaire d’un étudiant en master.