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ANGIOLOCO : Recherche des origines vasculaires du COVID long
Des millions de personnes à travers le monde souffrent encore de troubles persistants plusieurs mois après une infection à la COVID-19 : on parle alors de COVID long. Parmi les symptômes les plus fréquents, la fatigue, l’essoufflement à l’effort ou encore une fonction pulmonaire altérée. Le projet ANGIOLOCO s’intéresse à une piste innovante pour comprendre ces symptômes : le rôle des vaisseaux sanguins.
Présentation du projet
ANGIOLOCO vise à déterminer si ces anomalies vasculaires – et en particulier une protéine appelée VEGF-A, impliquée dans la formation des vaisseaux – sont responsables des séquelles respiratoires du COVID long. Ce projet s’appuie sur des cohortes de patients bien documentées, des analyses moléculaires poussées, et des technologies de pointe pour explorer les mécanismes du COVID long.
Le projet étudie également un type de cellules très rares dans le sang, appelées ECFCs (endothelial colony forming cells). Ces cellules, dérivées des vaisseaux, sont capables de reformer des réseaux vasculaires et reflètent l’état de santé de l’endothélium, la couche interne des vaisseaux. Leur analyse permettrait d’identifier les désordres vasculaires persistants et d’envisager de nouvelles approches thérapeutiques ciblées.
Méthodologie et résultats attendus
Le programme ANGIOLOCO se structure autour de trois axes principaux :
Suivi des biomarqueurs : mesurer des indicateurs de dysfonction vasculaire (comme le VEGF-A) chez des patients suivis jusqu’à 18 mois après la COVID.
Analyse cellulaire : étudier les ECFCs chez des patients présentant des séquelles respiratoires pour évaluer leur capacité angiogénique, leur vieillissement cellulaire et leur tendance à favoriser la coagulation.
Études mécaniques : comprendre comment des molécules comme le VEGF-A peuvent favoriser une activation prolongée de la coagulation via les cellules endothéliales.
Les résultats d’ANGIOLOCO pourraient déboucher sur la mise au point de traitements ciblés contre les séquelles respiratoires du COVID long, notamment en testant l’efficacité de médicaments déjà existants qui bloquent le VEGF-A.
Un projet au service de la science et des patients
Porté par les Prs Jean luc Diehl et David Smadja et une équipe interdisciplinaire à l’Hôpital Européen Georges Pompidou (AP-HP, Université Paris Cité) et l’unité INSERM PARCC , le projet ANGIOLOCO s’inscrit dans une démarche de recherche translationnelle appliquée. Il mobilise des expertises en hématologie, biologie vasculaire, pneumologie et biotechnologies, et contribue à l’émergence de solutions pour améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de COVID long.
Nous savons aujourd’hui que la COVID-19 laisse, chez certains patients, des séquelles durables de différents types, mais les mécanismes sous-jacents restent mal compris. ANGIOLOCO vise à explorer une piste innovante : le rôle des anomalies des vaisseaux sanguins. Ce projet nous permettra d’identifier des marqueurs prédictifs et potentiellement des cibles thérapeutiques pour mieux prévenir ou traiter le COVID long.”
Pr David Smadja, Inserm PARCC et HEGP
Ce que fait la Fondation Air Liquide
En plus de son impact médical, le projet ANGIOLOCO favorise la formation de jeunes chercheurs. Ce projet illustre ainsi l’engagement commun de la Fondation Air Liquide et des équipes de recherche pour mieux comprendre les maladies respiratoires et soutenir les innovations biomédicales.
“En tant qu’expert, mon espoir est que cette collaboration entre chercheurs, cliniciens et partenaires industriels permette d'aboutir à un diagnostic plus rapide. Identifier les mécanismes de cette maladie est la première étape indispensable pour ouvrir des pistes concrètes vers de nouveaux traitements et redonner une qualité de vie aux patients
”
Laurent Lecourt
Medical Affairs Lead