France - Institut Pasteur de Lille
Mieux comprendre les impacts de la pollution atmosphérique sur les infections pulmonaires
L’impact de la pollution atmosphérique sur la santé constitue un enjeu majeur de santé publique. On estime que plus de 9 millions de décès prématurés par an dans le monde sont attribuables à la pollution atmosphérique, soit près de 20 % de la mortalité mondiale annuelle. L’Institut Pasteur de Lille a pour mission, à travers la recherche fondamentale et de la prévention, de lutter contre les pathologies infectieuses et chroniques qui touchent notamment les plus fragiles. L’équipe de Muriel Pichavant explore ainsi l’impact de l’exposition à des aérocontaminants, présents dans la pollution de l’air, et leur lien avec les infections pulmonaires.
Le projet PolluInf, soutenu par la Fondation Air Liquide et mené par l’équipe, se concentre sur les altérations du système immunitaire pulmonaire liées à l’exposition aux PM2.5 qui rendent l’hôte plus vulnérable aux infections bactériennes, dont Streptococcus pneumoniae.
La finalité du projet est d’identifier des facteurs de susceptibilité chez l’hôte et de proposer des approches immunomodulatrices visant à restaurer une réponse immunitaire compétente pour lutter efficacement contre les pathogènes. Nos travaux se concentrent en particulier sur les cytokines IL-20, qui jouent un rôle essentiel dans les défenses anti-bactériennes.
PolluInf : étude de l’impact des particules fines dans la pollution atmosphérique sur les plus fragiles
Comme l’exposition à la pollution atmosphérique, aux PM2.5 en particulier, favorise l’occurrence d’infections pulmonaires, en perturbant l’homéostasie du poumon, le projet PolluInf a pour but d’explorer les effets des PM2.5 sur le système immunitaire pulmonaire, en particulier les cytokines IL-20, et d’identifier des facteurs clés impliqués dans les mécanismes anti-infectieux qui sont altérés par les PM.
Ainsi, nos objectifs sont (1) d’évaluer l’impact de l’exposition aux PM2.5 sur la réponse immunitaire pulmonaire de l’hôte, avec un focus sur les cytokines IL-20, (2) d’évaluer le rôle de ces facteurs dans la réponse à l’infection par Streptococcus pneumoniae, et enfin (3) de vérifier la pertinence de ces marqueurs dans des cohortes soit en population générale, soit de patients ayant une pathologie pulmonaire chronique.
Le projet PolluInf combine à la fois des approches in vivo, in vitro et ex vivo pour une compréhension approfondie. Il repose notamment sur l’utilisation d’approches dites « alternatives », c’est-à-dire de coupes organotypiques et d’organoïdes de poumon.
-
1 projet de recherche translationnel financé
-
1 étudiante en thèse à plein temps pour 3 ans
Impact et portée du projet PolluInf
En plus des avancées scientifiques significatives que le projet PolluInf va apporter à la communauté scientifique (découverte de nouveaux mécanismes, cibles thérapeutiques potentielles), ce projet vise aussi à avoir un impact sur la santé publique (réduire l'incidence et la gravité des infections respiratoires causées par la pollution atmosphérique, en proposant des mesures préventives et thérapeutiques efficaces), Les données obtenues pourraient servir à l’élaboration de recommandations pour les politiques publiques (obtention de données solides permettant de recommander des politiques publiques visant à réduire la pollution atmosphérique, améliorant ainsi la qualité de l'air et la santé respiratoire),
Le projet PolluInf devrait permettre le développement de solutions innovantes pour atténuer les effets néfastes de la pollution atmosphérique sur les mécanismes immunitaires pulmonaires et réduire les coûts de santé liés à la pollution.
Alerte : Le nouveau variant du covid progresse!